Enseigner le yoga adapté à l’endométriose: ajuster la salle et la pratique

Juil 7, 2022 | Endométriose, Santé de la femme, Yoga et Méditation

Un cours de yoga classique est parfois structuré de manière inconfortable ou inaccessible aux personnes ayant de l’endométriose. Cela même sans que vous en ayez conscience. Pourtant, il est important de prévoir un aménagement particulier de votre cours ou de votre salle.

À quels éléments courants font face les femmes touchées par l’endométriose à un cours de yoga ? Comment faire pour vous adapter et répondre à leurs besoins ?

Faisons le point sur quelques éléments d’un yoga adapté à l’endométriose au sein de votre structure.

 

Éprouver du stress pour s’inscrire à un cours de yoga

L’une des manifestations courantes de l’endométriose concerne la sensibilité. La femme atteinte d’endométriose est davantage sensibles aux facteurs stressants, ainsi qu’à l’anxiété. Pour beaucoup d’ailleurs, tout ce qui est nouveau fait peur et créé un stress qui peut être fatiguant pour la femme, comme :

  • aller dans un endroit inconnu (le studio ou la salle de yoga) ;
  • rencontrer de nouvelles personnes ;
  • avoir un nouveau professeur de yoga (malgré sa bienveillance).

Se rendre à un cours de yoga peut devenir une grande source de stress et d’anxiété. S’inscrire à un cours, à une date précise, relève également des craintes, des inquiétudes et même des peurs. Effectivement, la femme touchée par l’endométriose se pose de nombreuses questions :

  • Est-ce que je ne serai pas trop fatiguée ?
  • Comment faire si j’ai mes règles ?
  • Comment faire si j’ai des douleurs ?

Nous savons que le stress possède un effet négatif sur l’endométriose. Par ailleurs, les études cliniques indiquent clairement ceci :

  • L’endométriose est une affection associée à des niveaux élevés de stress chronique.
  • L’intensité du stress est en corrélation avec l’intensité de la douleur et le développement de la maladie.
  • La maladie s’associe à un niveau plus élevé de stress, d’anxiété, de dépressions et de syndrome de stress post-traumatique.
  • Le stress répété et non contrôlé favorise le développement de l’endométriose et accélère la croissance des lésions.
  • Le stress augmente l’inflammation.

 

Quand l’anxiété s’invite dans la pratique du yoga

Parfois, des femmes atteintes d’endométriose essayent un cours de yoga. Malheureusement, elles repartent en voyant que les cours ne sont pas adaptés. Pendant la pratique, la douleur peut se manifester voire dans certains cas s’aggraver.

Aussi, elles partent avec un sentiment de frustration ou de culpabilité. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elles ne peuvent pas réaliser les postures proposées. Malgré un type de yoga doux (yin, restaurateur…) ou la douceur de certaines poses de yoga, comme le papillon inversé ou la position de l’enfant. Vous seriez surprise du nombre de femmes pour lesquelles ces postures sont inconfortables physiquement et mentalement. À certains moments, ces positions deviennent même impossibles.

Par ailleurs, certaines femmes pensent que cet inconfort est tout à fait normal. Or, lorsque l’on est touché par l’endométriose, on recherche de l’apaisement, de la douceur, du confort. On recherche également de l’espace et de la fluidité dans un corps continuellement douloureux, fatigué, etc. Ces mêmes femmes apprécient alors de se diriger vers un cours de yoga adapté à l’endométriose. Ainsi, elles se sentent rassurées lorsque le professeur a suivi une formation d’EndoYoga®.

 

Les hypervigilances de la femme touchée par l’endométriose

La femme ayant de l’endométriose peut par exemple se placer juste devant un mur, dans un coin. Parfois, elle peut aussi se positionner face à la porte ou face à une fenêtre. C’est pourquoi elle éprouve parfois des difficultés à se concentrer et à maintenir une attention détendue dans une posture ou une respiration. Elle va regarder sans cesse son professeur ou encore les autres élèves.

 

En salle de yoga

Elle peut montrer des signes d’inconfort dans certaines postures. Bien que ces dernières soient connues pour être relaxantes ou pour amener plus de fluidité et de mobilité dans la région pelvienne. Dans ce cas-là, nous pouvons percevoir que cette femme reste en « alerte », malgré les postures restauratrices et décontractantes.

Cela devient très vite épuisant et éprouvant. Son système nerveux reste en « mode survie », fuite ou combat. Sans compter que tout ceci devient une source d’inflammation dans son corps. D’ailleurs, un des symptômes courants de l’endométriose est la fatigue chronique. Imaginez-vous un cours de yoga qui amène en plus de la fatigue, cela est antinomique quand même !

Cet inconfort peut même créer des tensions ou des contractions de certaines parties du corps. Cela pour se protéger, alors même que l’on veut rechercher à créer de l’aisance et de l’espace dans des zones du corps.

Cependant, cela ne crée pas les conditions favorables pour se déposer dans les postures, se relâcher, profiter des bienfaits de la pratique de yoga sur le corps et le mental. Vous étudiez cette partie importante (module du guide de l’enseignant), dans ma formation de yoga adapté à l’endométriose.

 

Pendant un cours de yoga

La femme peut appréhender quelques pratiques, postures ou encore respirations. Prenons un exemple : la femme reste contractée, car elle ne sait pas relâcher certaines zones du corps. Pour cela, elle a tendance à contracter des parties de son corps. Soit pour « compenser », soit pour penser « protéger » des zones de certaines pratiques.

Toutefois, cela va créer encore plus de tensions et ainsi provoquer des douleurs. Nous apprenons cela dans la formation d’EndoYoga®. Cela va permettre et autoriser la femme à accueillir l’apaisement au niveau physique et mental durant la pratique.

L’écoute et l’observation sont des signes parfois très subtils et indispensables. Vous accompagnez ainsi votre élève sur le chemin du mieux-être avec l’endométriose, grâce au yoga.

Le yoga adapté à l’endométriose : aménager votre salle

Vous avez la possibilité d’aménager votre salle de classe et de pratique, afin de favoriser le sentiment d’apaisement et de sécurité pour la femme.

Je vous propose quelques conseils généraux que vous pouvez mettre en place :

  1. Si vous proposez un cours individuel ou en groupe, demandez très discrètement si elle est dans sa période menstruelle. Évidemment, la femme ne doit pas être sous pilule continue, ménopause artificielle ou naturelle. Cette information vous permettra de la guider tout au long de la séance, de manière la plus adaptée à sa période du cycle.

 

  1. En début de séance, rappelez que tout ce qui est dit et fait dans cette salle reste dans cette salle. Une gêne peut encore être éprouvée dans certaines situations. Par exemple, Madame Bidulle, présente au cours, risque de raconter votre présence à un cours dédié à l’endométriose à la copine de Madame untel. Elle découvrira alors que vous souffrez de cette maladie.

 

  1. De même, laissez un assez grand « temps » de battement entre deux cours. Aussi, évitez d’avoir un cours de prénatal ou postnatal ou bébé-parents à la suite d’un cours adapté à l’endométriose. Effectivement, 30 à 40% des femmes souffrant d’endométriose ont des difficultés dans leur projet de grossesse. Cela pourrait « casser » tous les bienfaits du cours et les mettre dans une grande tristesse et une grande souffrance.

 

  1. Si vous travaillez en individuel ou avec un petit groupe (ce que je recommande), vous pouvez demander aux participantes d’installer leurs tapis en cercle. Ainsi, cela permet à chacune de se retrouver dos à un mur, plutôt que côte à côte et en rangée.

 

  1. En tant qu’enseignante, vous pouvez vous installer près de la porte lorsque la personne est en relaxation. De cette façon, elle peut se détendre complètement.

 

  1. Avec certaines postures, vous pouvez lui proposer d’ajouter une couverture placée d’une certaine façon. Et cela de manière à l’entourer d’une bulle de cocon et de confort, afin qu’elle se sente plus à l’aise pour profiter de la posture.

 

  1. Vous pouvez rappeler en début de cours que la personne peut se lever discrètement si elle a besoin de changer sa protection hygiénique. Vous pouvez même en placer à disposition dans les sanitaires. Durant son cycle menstruel, avec ses règles abondantes, elle ne se demandera pas si ses protections suffiront ou non. Au contraire, elle pourra profiter pleinement de la pratique durant toute la durée du cours.

 

  1. Dans certains cas, avoir des serviettes de couleur noire à poser sur le tapis peut être apprécié. Même s’il n’y a pas de fuite, cela peut rassurer de savoir qu’on aura juste à placer cette pièce textile dans le bac à linge.

 

  1. Pour finir, votre présence et votre écoute sont deux qualités qui font déjà énormément de bien à la femme souffrant d’endométriose. Cela égaiera sa journée voire sa vie, de vous avoir rencontré.

 

Avez-vous envie d’aller plus loin ? Réservez un échange gratuit avec moi ou consultez tous les détails sur cette page pour devenir professeur de yoga certifiée EndoYoga Flow ®

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